Les Pieds Nickelés au Bengale

Le 10 décembre 2009. Chambéry.

 La Terre est cabossée

La Terre est ronde. Ou presque.

Tous les Hommes sont égaux. Ou presque.

Changer de longitude permet d'affiner le regard que l'on peut porter sur ces deux vérités, l'une scientifique et l'autre morale. De la Terre et de l'Homme nous retiendrons pour notre part qu'ils ont en commun d'être cabossés.

 

Notre voyage était une aventure, il était une émotion aussi que nous avons voulu partager avec vous. Vous avez été nombreux à avoir contribué, par vos réactions et commentaires, à l'enrichissement de notre blog. Nous vous en remercions. Pour des raisons multiples il n'était pas toujours aisé, depuis les accès à Internet que nous trouvions en chemin, d'enrichir en temps utile les pages de notre blog avec les textes et images que nous souhaitions vous communiquer. Depuis notre retour, plus à l'aise sur un clavier AZERTY que sur ceux qui nous étaient proposés sur le subcontinent indien,  nous avons enrichi notre blog de quelques compléments, textes et images. Vous pouvez en prendre connaissance en vous connectant sur http://bengali.uniterre.com . A bientôt. Daniel et Laurent

Publié à 09:40, le 10/12/2009, Chambéry
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Le 5 décembre 2009. Genève

 

Avec un brin d'humanité en plus.

L'avion en provenance de Londres se pose avec délicatesse sur la piste de Cointrin. En atterrissant à Genève, l'Européen retrouve ses repères. Un tramway glisse silencieusement sur des rails de velours, il n'y aura pas de voiture à contre-sens sur l'autoroute et aucune vache ne viendra perturber la circulation en centre-ville. Nous sommes en Suisse. Ici on ne crache pas sur les trottoirs. Ni sur l'argent sale. On marche droit et au pays des minarets interdits on a l'identité nationale. En Inde l'harmonie est d'une autre nature et la seule observation de la circulation routière est riche d'enseignements à cet égard. L'exploit est le quotidien des utilisateurs de ce même espace, trop petit, inadapté à la nature et à la densité du trafic. C'est l'habileté, l'intelligence des situations, la même interprétation des règles non écrites et l'instinct de survie qui évitent les collisions qui peuvent être envisagées à tout instant. Un désordre apparent,  une harmonie qui porte à réflexion et l'adhésion à des valeurs partagées. Comme en Suisse. Avec un brin d'humanité en plus.



Publié à 07:25, le 5/12/2009, Canton de Genève
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Le 3 decembre 2009 . Puri

A deux pas de la plage 

Deux jambes frêles sortaient du bûcher. Le reste du corps s'était déjà consumé. Une odeur âcre se dégageait des différents foyers qui parsemaient l'espace. L'odeur de la mort.

Chaque jour, à deux pas de la très populaire plage de Puri, des marchands de souvenirs et des jeux d'enfants, on allume les bûchers qui accueilleront les corps.

La famille du défunt était là, accroupie près du foyer. Les deux jambes frêles sont devenues cendre.



Publié à 12:51, le 3/12/2009, Purî
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Le 29 novembre 2009. Koraput.

La cerise sur le gâteau  

 

L'Inde présente de multiples visages. Nous quittons la bouillonnante Calcutta et le train nous dépose 26 heures plus tard au coeur de la zone tribale de l'Orissa.

Les communautés villageoises (52 tribus ont été recensées) nous offrent un voyage dans le temps. Chez les Parojas, les Bhumias, les Didayis ou les Duruas, la vie est faite de simplicité et d'harmonie avec la nature. Les femmes se parent de bijoux et de vêtements colorés et ce sont elles qui, sur les marchés, occupent le devant de la scène. Dans les villages les plus reculés, les femmes Bondas ont fière allure, bardées de colliers et de bracelets. Les hommes sont à la chasse, avec arcs et flèches. 



Publié à 08:53, le 29/11/2009, Koraput
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Le 24 novembre. Calcutta

 Portrait

Sur les trottoirs de Calcutta

Ronnie Clifton et son fils Rinko dorment sur les trottoirs de Calcutta. La jeunesse de Ronnie était prometteuse d'une vie meilleure. Son père, officier britannique de l'armée des Indes,  avait fait la campagne de Birmanie, s'était épris à Bagan d'une jeune Birmane et avait fondé famille.

Né au coeur de la guerre, en 1944, Ronnie a dû quitter prestement le pays après la proclamation de l'indépendance de la Birmanie. C'est au pied de la chaîne de l'Himalaya, à Dardjeeling que la famille Clifton a trouvé refuge. La disparition précoce du père de Ronnie a rompu les équilibres. Des vies ont basculé. Ronnie est désormais sans emploi tout comme l'est son fils Rinko, informaticien de formation. Ils ont echoué ici à Calcutta, comme tant d'autres. Ce soir il dormiront dehors.

 



Publié à 09:14, le 24/11/2009, Kolkata
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Le 20 novembre. Kaziranga.

Adrénaline au pays des rhinocéros

Dune a 17 ans, il agite ses grandes oreilles couleur cendre comme pour dire son plaisir d'une sortie matinale dans le grand parc. Les herbes sont hautes et les huit cornacs ont decidé de faire monter l'adrénaline. Un gros mâle a été repéré, embusqué dans les herbes. Le cercle se referme, les gardes ont sorti les fusils.

Nous sommes dans le parc de Kaziranga. Sur les 430 km2 de la réserve vivent plus de 2000 rhinocéros. Ils y côtoient buffles, cerfs, éléphants et les espèces d'oiseaux les plus diverses.

Dune a fait deux pas en arrière, le vieux mâle de 2 tonnes a frolé sa croupe.



Publié à 09:56, le 20/11/2009, Kaziranga
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Le 18 novembre 2009. Sylhet

 

Retour sur images

 

Le passage de la frontière par voie terrestre n'est pas sans danger et les nombreuses recommandations vont toutes dans le sens de la prudence. C'est donc en baby-taxi (véhicule à trois roues) et aux premières heures du jour que nous quitterons Sylhet pour le poste frontière de Tamabil, à 56 Kilomètres.

Le Bangladesh est derrière nous, beaucoup d'images resteront gravées dans nos mémoires.

La misère bien sûr pour le plus grand nombre et l'opulence pour certains. Les pieds dans la boue des rizières pour les uns, l'i-phone et  les cartes de visite pour les autres.

L'insoutenable dans Dhaka, la ville de tous les excès.

La saleté omniprésente dans l'environnement des Bangalais.

L'audace de tous les utilisateurs de la route.

L'accompagnement des forces armées pour assurer notre sécurité dans les zones tribales.

Et bien sûr au quotidien les mains serrées, les sourires échangés, les moments partagés, la curiosité, la gentillesse et la disponibilité des Bangalais rencontrés en chemin.



Publié à 07:30, le 18/11/2009, Sylhet
Mots clefs : Sylhet


Le 17 novembre 2009. Sylhet.

 

Hôtel des cafards

 

Dans la rue qui mène à la mosquée Hazrat Shah Jalal, les aveugles, les cul-de-jatte et les manchots assaillent le pèlerin. Les deux pieds nickelés ne sont pas les moins sollicités. Ils ont justement choisi leur hôtel dans cette rue; une chambre modeste qui héberge dejà d'autres occupants, les cafards, et qui propose une douche au seau. Comme d'habitude.

Hussain Ali a 2 ans quand il quitte sa ville natale de Sylhet pour émigrer vers Londres. A 28 ans, Ali est devenu un homme d'affaires. Au pied de notre hôtel il nous distribue avec générosité ses cartes de visite et clame ses projets. “Je vais faire de cette ville une ville semblable à Londres ou Paris” nous déclare Ali avec son accent londonien forgé dans le quartier d'Elephant and Castle. Enterrer les lignes électriques, créer un réseau  d'égouts, organiser le ramassage des ordures…

La partie n'est pas gagnée !



Publié à 08:06, le 17/11/2009, Sylhet
Mots clefs : Sylhet


Le 16 novembre 2009. Srimangal

Portrait

Santosh

La fièvre typhoïde a laissé à Santosh une calvitie définitive et un fol enthousiasme pour la vie. Les sens sont en éveil dans les étroits chemins de la jungle du Lachawerra Park. Santosh exerce la profession de guide depuis 10 ans maintenant. A Srimangal les plantations de thé ornent les collines. “C est le meilleur thé du monde” sourit Santosh. Sa femme Basentoe, 35 ans, est cueilleuse de thé. En 8 heures de travail, elle ramasse 23 Kg de feuilles qui seront traitées au Tea Estate. Son salaire journalier 48 takas (0.5 euro)*. Sa mère cueillait les feuilles dans les mêmes plantations. A 75 ans, et une retraite de 48 takas par semaine, elle vit avec la famille de son fils.

Selon les saisons, Santosh travaille entre 3 et 12 jours par mois, une activité suffisante pour faire vivre sa famille et pour financer les etudes de sa fille de 15 ans.

*Les employés des Tea Estate bénéficient d'avantages : achat des produits de base à des tarifs privilégiés, logement et bourse d'études pour les enfants



Publié à 09:46, le 16/11/2009, Srimangal
Mots clefs : Srimangal


le 16 novembre 2009. Srimangal

 Pan supari  l'opium du peuple

Le bétel est une liane aromatique et l'utilisation de sa feuille comme un stimulant est aussi vieille que l'histoire. On donne toutes les vertus à cet étrange mélange que confectionnent avec soin les Bengladis et avec eux toutes les populations du sud-est asiatique. Dans une feuille de bétel enduite à la chaux, on place une noix ou une fraction de noix euphorisante et l'on mastique consciencieusement.  

Nous avons testé pour vous ! Vous crachez quelques minutes plus tard une salive rouge, produit de la rencontre des ingrédients et de votre salive. Impressionnant. Et les difficultés de la vie s'aplanissent !



Publié à 08:04, le 16/11/2009,
Mots clefs : pan suparibétel


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